Nous nous arrêtons au Franny Tack Shop où je fais la connaissance de Rick. Sellier la journée, il est aussi dresseur de chevaux .
C'est à lui que sont confiés les chevaux difficiles des environs. C'est un jeune cow-boy massif, au nez cassé, peu bavard sauf
lorsqu'il parle de chevaux. Il s'est construit un rond de longe en tubes d'acier suffisamment solide pour résister à la charge d'un
bœuf. Il raconte que lorsqu'il n'arrive pas à apprendre l'arrêt à un cheval dans un rond de longe, il le monte , ouvre la porte et part dans
les badlands aussi loin que nécessaire, poussant le cheval chaque fois qu'il veut s'arrêter. L'idée de devoir rentrer à pied s'il est
désarçonné l'incite à ne pas tomber. Il dit en souriant qu'en matière de chevaux, il semble y avoir beaucoup de règle en Europe.
De retour dans le Wyoming A.R, les tâches quotidiennes reprennent pour Irina. Le foin, l'eau, le fumier, les saillies, le travail des
chevaux, la préparation des poulains vendus. Un fils de Revel Soquili doit être chargé à la fin de la semaine par un transporteur
canadien qui s'occupera de son acheminement vers l'Allemagne.
Toby Cherokee Chief a bien été travaillé en main, mais à 3 ans, n'a été monté que 5 ou 6 fois. Le travail d'aujourd'hui consiste à le
monter dans le rond de longe puis à le faire suivre, en carrière, Jim Bob, la mule de Félix. Irina travaille le cheval pendant que je selle
la mule.
Dans la carrière, Irina me donne les instructions en me prévenant que si elle crie « jump » je dois sauter de la mule. En effet, Toby n'a
pas encore sailli et avec toutes ces juments en chaleur tout autour, il peut être énervé et ne reconnaît pas ce qu'il aura le droit de
saillir.
Pas, trot, galop, figures, la mules est à l'épreuve des bombes et Toby se comporte bien.
J'essaie quand même de le garder dans mon champ de vision pour anticiper sur l'éjection nécessaire.
Dans son paddock, Revel Soquili s'occupe d'une jument qu'on vient de lui offrir. A peine a-t-il terminé son office, qu'Irina me propose
de le monter. Travail en main d'abord, puis en selle dans le rond de longe et enfin dans la carrière. Un vrai bonheur ! L'étalon est à
l'écoute et visiblement aux « boutons ».
Félix me propose ensuite sa mule géante, Jim Bob, pour une promenade solitaire dans les badlands environnants. Un vrai régal ! Je
vais me griller une cigarette dans les collines désertes.