Deux journées intensives au ranch avant que n'arrive l'heure du départ vers Billings.
Il neige de nouveau  dans le Montana mais à 4h du matin, l'aéroport est ouvert comme prévu. Billings, Denver, Detroit, Paris, TGV 
jusqu'en Bretagne.
C'est vendredi soir et je bosse lundi.
Il y a des gens qui prennent des drogues dures pour avoir autant de sensations en aussi peu de temps !
Nous nous arrêtons au Franny Tack Shop où je fais la connaissance de Rick. Sellier la journée, il est aussi dresseur de chevaux . 
C'est à lui que sont confiés les chevaux difficiles des environs. C'est un jeune cow-boy massif, au nez cassé,  peu bavard  sauf 
lorsqu'il parle de chevaux. Il s'est construit un rond de longe en tubes d'acier suffisamment solide pour résister à la charge d'un 
bœuf. Il raconte que lorsqu'il n'arrive pas à apprendre l'arrêt à un cheval dans un rond de longe, il le monte , ouvre la porte et part dans
les badlands aussi loin que nécessaire, poussant le cheval chaque fois qu'il veut s'arrêter. L'idée de devoir rentrer à pied s'il est 
désarçonné l'incite à ne pas tomber. Il dit en souriant qu'en matière de chevaux, il semble y avoir beaucoup de règle en Europe.
De retour dans le Wyoming A.R, les tâches quotidiennes reprennent pour Irina. Le foin, l'eau, le fumier, les saillies, le travail des 
chevaux, la préparation des poulains vendus. Un fils de Revel Soquili doit être chargé à la fin de la semaine par un transporteur 
canadien qui s'occupera de son acheminement vers l'Allemagne.


Toby Cherokee Chief a bien été travaillé en main, mais à 3 ans, n'a été monté que 5 ou 6 fois. Le travail d'aujourd'hui consiste à le 
monter dans le rond de longe puis à le faire suivre, en carrière, Jim Bob, la mule de Félix. Irina travaille le cheval pendant que je selle 
la mule. 
Dans la carrière, Irina me donne les instructions en me prévenant que si elle crie «  jump » je dois sauter de la mule. En effet, Toby n'a 
pas encore sailli et avec toutes ces juments en chaleur tout autour, il peut être énervé et ne reconnaît pas ce qu'il aura le droit de 
saillir. 
Pas, trot, galop, figures, la mules est à l'épreuve des bombes et Toby se comporte bien.
J'essaie quand même de le garder dans mon champ de vision pour anticiper sur l'éjection nécessaire. 
Dans son paddock, Revel Soquili s'occupe d'une jument qu'on vient de lui offrir. A peine a-t-il terminé son office, qu'Irina me propose 
de le monter. Travail en main d'abord, puis en selle dans le rond de longe et enfin dans la carrière. Un vrai bonheur ! L'étalon est à 
l'écoute et visiblement aux «  boutons ».
Félix me propose ensuite sa mule géante, Jim Bob, pour une promenade solitaire dans les badlands environnants. Un vrai régal ! Je 
vais me griller une cigarette dans les collines désertes.
Nous reprenons la route « 90 » vers l'est et retraversons les Rocheuses en passant la pointre nord de l'Idaho,Cœur d'Alène, 
Missoula (Montana) dans des montagnes couvertes de neige où souffle un vent violent et glacial. Nous roulons vers le Wyoming sous
la neige.
Au cours des quelques heures de sommeil dans la capucine de van garé au milieu des bois, nous sommes réveillés par des bruits 
suspects dans le van.
Découverte à la lueur de la pile. Le chat roux de Nancy est du voyage. Il a du se glisser dans le van pendant que nous bavardions. On 
s'amuse à imaginer la tête d'un policier qui aurait voulu contrôler le chargement.
Comment lui expliquer que nous venions du Wyoming avec un van 3 places pour ne pas laisser le chat seul à la maison !
Il n'empêche, il faudra trouver une solution pour rendre le chat à Nancy.
Tillamook bay est un endroit sauvage où l'océan pacifique a déchiqueté la roche, ménageant une forme de lagune où s'abritent les 
bateaux. Un ostréiculteur nous montre sa récolte d'huîtres, elles mesurent entre 15 et 25 cm.
C'est à Tillamook bay que les bateaux russes, à ce que raconte Don Lalonde dans son livre  « The ghost Wind Stallion », avaient, en 
1762, jeté à l'eau deux étalons tachetés qui seraient venus à terre saillir des juments des indiens Siletz et Tillamook. Histoire qui 
remettrait en question l'origine uniquement espagnole des chevaux appaloosas.
Nous avons fixé rendez-vous à Nancy à Portland pour restituer le passager clandestin et avons repris la route « 5 » vers Seattle.
Là, nous quittons la route de la côte pour nous enfoncer dans l'état de Washington et tenter de trouver la petite ville de Darrington où 
vit Marlen Ross, éleveuse des
 Wakon appaloosas
C'est encore à la tombée de la nuit que nous trouvons l'endroit . Il est trop tard pour une visite, Marlen nous conseille un motel 
à proximité,( enfin un lit), et nous lui fixons rendez-vous à l'aube.L'accueil est chaleureux. Elle possède plus d'une trentaine 
de chevaux et s'efforce de produire des appaloosas noirs et blancs, léopards ou blancket. Elle a conservé des origines 
prestigieuses comme Navajo Britches,  Mansfield Comanche, Storm Cloud F ou Toby.
Marlen est un personnage très spécial. Ses chevaux sont répartis  en plusieurs bandes, un étalon et quelques juments.
 Le noir et le blanc dominent. Les chevaux sont élevés à la dure .  Les pieds manquent de parage, l'herbe, en ce printemps tardif 
est rare, les chevaux ne viennent pas facilement à l'homme,  mais il y a dans ce troupeau des individus typés, solides,
 impressionnants de force et de rusticité et extrêmement colorés. Nous découvrons également
 les Alaskan Malamutes, chiens de traineaux  puissants comme des ours, que Marlen élève et dit vendre  dans le monde entier.
Un endroit hors du temps et des normes !
Nous repartons alors le van vide. La nuit tombe quand nous arrivons chez Bret et Regina Shapiro. Nous faisons le tour du troupeau 
à la pile et découvrons Mamin Iskitpe Apache ( un fils d'Apache Kid Galahad) et les juments Morning Glory L, Joes Cocoa Doll et 
Makis Moll Ann.
Dans les box, les poulains ne sont pas sortis depuis plusieurs jours et explosent d'énergie quand nous les lâchons l'un après 
l'autre dans le manège.
Lorsque Morning Glory Risen, poulain léopard d'un an, entre par hasard dans le rond de longe, Irina court, saisit une chambrière au
passage, ferme le rond de longe et met le poulain au travail.

Il est tard lorsque nous reprenons la route. L'objectif est d'atteindre la côte du pacifique, à Tillamook bay pour respirer l'air de la 
mer. Nous y arriverons le lendemain matin.
Nous rencontrons Nancy, personnage haut en couleur, née en Alaska mais  
rousse comme une Irlandaise , éleveuse de chiens qui envahissent sa maison.
J'ai bien du mal à refuser d'être pris en photo avec un chien nu-chinois à crête 
qui m'a été placé dans les bras.
Elle élève aussi des TWH ( Tennesee Walkers) et possède un superbe étalon noir.
Elle aimerait produire des Walkaloosas, croisement qui possède son propre 
registre.
 Elle a acheté la pouliche Snowcap dans ce but . ( Les Snowcap étant homozygotes
 pour le gène léopard, elle a la certitude d'obtenir un croisement coloré, et du fait 
que cette pouliche ait des   « Shufflers » dans ses origines, elle devrait produire 
des poulains dotés de cette allure latérale particulière).
Les heures passées avec Nancy sont inoubliables. Nous assistons à la saillie
 d'une jument TWH, puis elle nous mène à une pension pour chevaux
 où une jument de très bonne lignée est à vendre. La jument est essayée, 
mais les tractations avec la propriétaire échouent.
Irina reviendra à la charge dans les jours à venir.
La route « 5 » qui longe le pacifique vers le Nord et rejoint la Colombie  Britannique traverse les paysages grandioses  des 
Siskiyou Montains, les vastes étendues de cultures fruitières et nous mène au sud de Portland où nous devons livrer la 
pouliche.
La première livraison doit se faire au sud de la ville. Les indications sont précises et Ulrich Shawnee, la poulinière de 20 ans, peut 
être déchargée chez ses nouveaux propriétaires, un jeune couple d'éleveurs qui envisage  de la faire saillir par un étalon de sport 
pour produire un appaloosa apte au dressage.
L'étalon qui s'était habitué à la présence de la vieille jument tranquille s'agite dans le van et il est temps de repartir vers l'autre 
élevage de
 chevaux de sport tachetés, au nord de Sacramento.
Localiser cet élevage est plus difficile. Une fois engagé dans la rue indiquée, il faut encore trouver le numéro 38604, ce qui nous fait 
parcourir plusieurs dizaines de kilomètres.
Nous nous arrêtons auprès d'une ferme laitière comptant 2600 vaches alignées sous des hangars ouverts.
Les employés, tous mexicains ne peuvent nous renseigner.
Nous finissons par trouver cet élevage important où les poulinières sont Hanovriennes, Oldenburg ou Thoroughbred et les étalons 
appaloosas ( Wapiti Sundance) ou paint. L'étalon fewspot, fils de War Tobys Nighwind, servira à mettre de la couleur sur ces 
juments de sport. La pouliche en profite pour faire une petite marche en main.
Yakima est maintenant seule et en liberté dans la van, les bas-flancs sont repliés et elle dispose de tout l'espace pour la traversée 
du nord de la Californie et de L'Orégon.
Elle ne semble pas souffrir des 2500 km déjà parcourus, ni du fait d'être seule.
Elle aura l'occasion de descendre du van une autre fois, lors d'un arrêt pour une courte sieste sur le parking d'un magasin wall-mart.
Irina décide de l'approcher jusque l'entrée du magasin sous les yeux ébahis des clients matinaux qui attendent l'ouverture. C'est sur
ce parking que la jument rencontre le zèbre peint sur la remorque de déménagement U.Haul. L'occasion d'une photo amusante.
La route traverse, sur près de 600 km, les collines désertiques du Nevada. Seules traces de vie, des villes-casinos, modernes au 
milieu de nulle-part et des mouffettes (skunks) qui viennent s'écraser sous le pick-up, imprégnant tout le véhicule d'une odeur 
nauséabonde pour plusieurs dizaines de km.
A bout de fatigue, nous dormons trois ou quatre heures dans la capucine du van, jusqu'à ce que l'étalon nous rende le sommeil 
impossible en martelant le plancher du van métallique.
La descente vers Sacramento en Californie nous amène sous un autre climat. La végétation est luxuriante, les chênes se mêlent 
aux eucalyptus, les palmiers à la vigne. Les piétons, aux abords de Sacramento, sont en short, les visages sont basanés et les 
travailleurs mexicains de plus en plus nombreux.
La route « 80 » a maintenant remplacé la piste et même si la traversée des Rocheuses en ce mois d'Avril reste difficile, nous 
rejoignons sans encombre Salt-Lake City en Utah. Nous nous relayons au volant toutes les trois ou quatre
 heures. Celui qui ne 
conduit pas ravitaille en café et actionne ,chaque fois que c'est nécessaire, l'assistance de freinage du van que Ray a 
malicieusement placé hors de portée du chauffeur. Les chevaux, placés en diagonale et séparés par des bas-flancs, ne 
semblent pas souffrir de la distance. Le jeune étalon fewspot est à l'avant, puis vient la vieille poulinière léopard et enfin la 
pouliche snowcap.
Une pause au bord du grand lac salé nous permet de distribuer de distribuer le foin et l'eau, chargés à l'arrière du pick-up, et de 
goûter au sel blanc-sale qui s'est déposé à perte de vue sur cet immense désert. Sur près de 200km, des voyageurs ont écrit 
des messages d'amour, des slogans patriotiques ou religieux en disposant des galets sombres sur la couche de sel qui borde la 
route.
Quand Ray et Irina, en Avril 2007, m'ont proposé d'être
 le deuxième chauffeur sur un périple de 4500 km
 en moins de six jours à travers huit états du Nord-Ouest  pour livrer trois chevaux et visiter quelques éleveurs d'appaloosas « 
fondation », l'idée m'a parue assez folle pour que , quelques jours plus tard, je me retrouve dans le vol Paris-Denver, me demandant 
encore si j'avais bien fait d'accepter ce qui promettait d'être un voyage éreintant.
Encore deux heures pour aller de Denver au petit aéroport de Billings(Montana) et me voilà au volant d'une de ces petites voitures 
automatiques sur la route qui rejoint Greybull dans le Wyoming, à demi halluciné par le décalage horaire et la splendeur des 
paysages enneigés au long de cette route bordée par les Rocheuses à l'ouest et les Big Horn Mountains à l'est.
Au ranch, je suis d'abord accueilli par Félix, le fils de la maison, qui m'offre un cappuccino bien serré, puis par Ray, 75 ans, l'homme 
tranquille, et enfin par Irina, la tornade bleue, qui revient avec le pick-up et le van d'une séance d'entraînement de Toby Cherokee 
Chief (le jeune étalon black-leopard nouvellement arrivé). Le temps d'un rapide repas et je m'écroule dans la chambre qui m'a été 
préparée.
Le lendemain, réveil 3h, 3h ¼  café, 3h ½ chargement des trois chevaux à transporter, 4h départ. Le ton est donné. Ray qui m'a 
expliqué la veille les détails techniques concernant le véhicule, ne s'est pas levé, Irina déborde d'énergie.
La première journée nous fera traverser le Wyoming du nord au sud, pour rejoindre South-Pass et ce que les pionniers de la fin du 
19e siècle appelaient « The californian trail », la piste qu'utilisait le Pony-Express pour rejoindre la Californie. Un seul arrêt dans le 
Wyoming pour faire une vidange sur le Dodge. La station accepte le pick-up, le van, les chevaux et offre le café.
Un premier voyage dans les états du Nord-Ouest en Août 
2005
 nous avait permis de découvrir les montagnes rocheuses
 dans le Glacier Park canadien et Yellowstone Park, 
d'assister aux championnats canadien de la race Appaloosa,
à Regina, et de faire connaissance avec Ray, Irina et Felix 
Weese
 du
 Wyoming Appaloosa Ranch. Ce voyage avait confirmé 
notre passion pour l'
appaloosa Fondation, cette race, 
exceptionnelle pour ses couleurs et ses dispositions, 
préservée des croisements abusifs avec les Quarter-horses,
 les arabes ou les Thoroughbred.
Dernière mise à jour le 25 
octobre 2008
Paysages
Nous utiliserons nos dernières heures dans l'état d'Orégon pour rendre visite à Regina et Bret Shapiro du Appy Trails Ranch.
C'est là que vivent les grands-parents maternels de notre poulain War Sundance Kid.
Nous retrouvons avec plaisir Regina, Bret et leurs appaloosas.

Quelques jours de tourisme sur la côte et les îles de la baie Seattle, et nous retraversons la Columbia River par le pont d'Astoria pour 
rejoindre l'Oregon et Portland, notre destination finale.
A Moses Lake, au cœur de l'état de Washington, nous finissons, après plusieurs heures de recherche, par trouver l'endroit ou vit la 
famille Messer. Ils ont tenu à cet endroit l'American Leopard Horse Ranch. S'il ne reste plus aujourd'hui que deux étalons, ce ranch a 
eu son heure de succès en important et en élevant dans l'Ouest des chevaux issus de l'élevage de Franck Scripter. Ici sont nés des 
lignées de chevaux léopards noirs. 
Apache Kid Galahad est toujours vaillant dans son paddock et manifeste sa joie d'avoir de la visite. Il est l'arrière-grand-père du poulain
que nous avons importé en France l'an passé.
Une mission nous attend : un éleveur français qui a importé des chevaux inscrits au registre Nez-Percés nous a demandé de porter 
une bonne bouteille de vin à Jon et Rosalie Yearout au 
Sweetwater Ranch, dans la réserve de Lapwai ou vivent les indiens Nez-Percés.
Nous découvrons les troupeaux appartenant aux indiens. Ces chevaux sont issus du croisement d'étalons Akhal-Téké et de juments 
appaloosas.  Ces modèles sont éloignés des standards que nous apprécions, mais le projet défendu par les anciens de la tribu de 
créer un registre possédé par les indiens et qui servira de base à une ré-appropriation par les jeunes de leur culture est remarquable.

Nous reprenons la route vers la côte Ouest à travers l'état de Washington. Nous traversons la « Palouse Country », essayant 
d'imaginer ces vastes espaces verdoyants, aujourd'hui couverts de céréales,  avant l'arrivée de l'homme blanc. Au cœur de cette 
région se trouvent les « Palouse Falls », cascades impressionnantes dans un paysage très minéral.
Nous reprenons la route pour découvrir la ville de Joseph qui est aujourd'hui célèbre pour ses fonderies et ses artistes. C'est là, sur la
route du lac Wallowa que se trouve la tombe du vieux Chef Joseph, le père du Chef Joseph qui s'est rendu célèbre pour sa résistance 
à l'invasion des blancs. Sur les conseils de Dick, nous déposons sur la tombe, en guise d'hommage, une pincée de tabac et quelques 
pièces.

Notre prochaine étape sera Moscow, dans l'Idaho où se trouve le siège de l'Appaloosa Horse Club et le musée de l'appaloosa. 
L'histoire de la race y est exposée, et de nombreux documents montrent son évolution depuis l'arrivée de l'homme blanc. C'est aussi 
l'occasion de vérifier l'enregistrement de notre dernière pouliche.
Sachant que nous nous dirigions vers la frontière de l'Idaho, Debra a pris rendez-vous pour nous avec Dick et Sally Seymour à 
Wallowa, au cœur de ce qui était autrefois le territoire des indiens Nez-Percés. Dick et Sally nous accueillent comme des amis de 
longue date. Ils nous proposent de rester dîner et dormir dans la chambre qu'ils ont préparé à l'étage, d'où on voit les chevaux, et plus 
loin, les montagnes qui entoure la vallée de Wallowa. Agés de 68 et 73 ans ils ont connu les chevaux et les éleveurs qui sont 
aujourd'hui entrés dans la légende. Ils ont été membres de l'association des Toby Breeders et ont été les derniers propriétaires de 
Toby II's Patchy F-1439. Ils ont aussi possédé entre autres Frosty Tolo, une petite fille de Freel's Chico F-715 et de Chief Joseph F-92.
Encore éleveurs aujourd'hui, ils ont conservé des juments que leurs enfants ont utilisées dans différentes disciplines, avec des 
origines Wapiti, Bright Eyes Brother ou Go Bay Go.
Leur jeune étalon est un fils de Ulrich's Cheyenne.
Ils ont commercé avec Palmer Wagner et ont connu Lee Manes qui était « horse packer » dans la vallée de Wallowa. Ils ont du faire 
appel à lui une fois pour retrouver Frosty Tolo qui s'était perdue dans la montagne.
Ils ont connu l'étalon Storm Cloud F, qui d'après eux était un cheval magnifique mais qui avait une tête affreuse. Ils ont aussi connu les 
« Simcoe's Stables » qui étaient des marchands de bétail et de chevaux. Ils achetaient tous les chevaux tâchetés qui leur plaisaient et 
les enregistraient sous le nom Simcoe's.
Aujourd'hui retraité, Dick est un membre actif de l'association «
 Nez-Perces Trail Foundation » dont le but est de baliser l'itinéraire suivi
par Chef Joseph et sa tribu, lors de leur longue fuite de Wallowa à Bear Paw dans le Montana. Avec les indiens et quelques blancs, 
l'association négocie avec les états et les propriétaires privés pour qu'un balisage permanent puisse être installé sur près de 2000km 
de piste. 
Dick a aussi contribué à la création du » Nez-Percés Homeland ». Situé à la sortie de la ville de Wallowa, ce lieu accueille chaque début
de juillet les Pow-Wow des indiens Umatilla et Nez-Percés.
Nous avons beaucoup parlé avec Dick et Sally : d'histoire, de lignées, d'indiens, mais aussi d'Amérique et d'Europe, de cuisine et de vie 
de famille.
Après une visite de Crater Lake, un rodéo, un concours de modèles et allures de Lamas et quelques autres émerveillements au long 
de notre itinéraire, nous arrivons dans la petite ville de Fossil. Rien ne semble avoir changé depuis l'époque des pionniers : petites 
maisons de bois entourées de barrières que franchissent sans difficultés des cerfs qui viennent brouter l'herbe des pelouses, la 
mairie de briques rouges, le »général store » avec sa caisse argentée qui doit dater des années 1900, ses trophées de chasse 
accrochés au mur, des pick-up poussiéreux dont descendent des ranchers peu loquaces.
C'est à quelques kilomètres de la ville que nous avons rendez-vous avec Debra et Dan Stubblefield qui tiennent le 
Rafter DS Ranch
Ils nous attendent, l'accueil est chaleureux. Debra nous présente les étalons qui vivent en paddocks au plus près du ranch. Le vétéran,
Ulrichs Cheyenne, âgé de 21 ans, reste un modèle de force et de beauté au caractère facile. Les autres étalons sont plus jeunes : 
Silverdollar, un fils de Cheyenne, Tuff Toby, venant du Wakon Ranch, et Troubadour, qui est né au Wyoming appaloosa ranch.
Quelques juments vivent près des étalons, dont Ulrichs Shawnee, une jument âgée dont Debra aimerait avoir une descendance.
Les autres juments et les poulains vivent en deux bandes d'une vingtaine de têtes dans deux parcelles de près de 70 hectares 
chacune.
Nous nous rendons dans chacune d'entre-elles en pick-up et ce n'est pas une mince affaire que de localiser les chevaux. Nous 
arrêtons le véhicule à proximité du point d'eau et appelons, klaxonnons, sifflons jusqu'à ce qu'enfin le troupeau apparaisse au sommet
d'une colline. Les juments et les poulains colorés dévalent dans un nuage de poussière pour nous rejoindre, vision  inoubliable.
De nombreuses origines rares sont rassemblées dans ces troupeaux : Ulrich, Scripter, Dick Foster, Thomson, avec les lignées Toby, 
Red Eagle, Chief Chelsea, Moneycreeks Rockledge, Sundance et de nombreuses autres.
Les poulains nés au ranch portent l'affixe O Choco, du nom d'une montagne voisine.
Nous passerons la nuit au ranch, et écoutons Debra et Dan parler de leur élevage et de l'histoire locale.
Après notre départ, ils pourront déguster une bouteille de Vin des Fossiles, produit en Saône et Loire, que nous avons apportée pour 
eux.
Quelques jours plus tard, nous avions rendez-vous avec Jim Langdon de Red Hill Appaloosas.
Il exploite près de 300 hectares de terres rouges, sur lesquelles il élève une cinquantaine de bovins, un troupeau de chèvres, un 
lama et une quarantaines de chevaux appaloosas,  issus des plus anciennes lignées. 
Jim nous a consacré quelques heures pour nous promener à bord de son pick-up à travers ses terres. Il nous a montré la petite 
bande d'étalons, les chevaux utilisés sous la selle qui vivent près du ranch et les juments, leurs poulains et les futures mères qui 
vivent en troupeau sur de très grandes surfaces.  Il possède quelques juments Pratt, rachetées lors de la liquidation de cet élevage, 
des juments provenant de l'élevage de Marlene Ross, Wakon Appaloosas, d'autres venant de Rafterds Ranch et des descendants de
l'élevage de Milton Decker. Son objectif, après avoir produit en 2008 son premier poulain de 5e génération, est de voir naître en 2010 
des poulains de 6e génération sans apport de sang autre qu'appaloosa issus  des fondateurs de la race.
Ses poulains se sont vendus dans plusieurs états des USA, au Canada, en Amérique du sud. Un étalon issu de cet élevage, RHA Sully
Fire Image, a récemment été importé en France.
Nous ne pouvions pas passer à Lakeside sans tenter de voir les chevaux de Arlo et Arita Harwood. Bien que n'ayant pas de 
rendez-vous, nous avons pu trouver cette vallée perdue entre les montagnes couvertes de sapins. Quelques dizaines de kilomètres 
d'une mauvaise route, puis d'une piste sans aucun panneau indicateur, nous ont menés vers cette vallée encaissée dont la beauté 
rappelait les plus beaux paysages des vieux westerns : des prairies qui s'étirent autour d'une rivière, un troupeau de juments 
appaloosas et leurs poulains d'un côté du chemin, trois étalons de l'autre côté, et au milieu,
 Big Creek Ranch.
Nous apprendrons plus tard que Arlo , âgé de 79 ans, sort doucement d'une grave maladie et qu'Arita et lui se sont rapprochés de la 
ville pour les soins. 
Les chevaux sont en parfait état, et donnent une idée de que pouvaient être les montures des indiens Nez-Percés, de taille moyenne, 
solides avec de l'os, de bons pieds, et des couleurs splendides. Ils sont les descendants des lignées Pratt, avec du sang Toby, Blue 
Bear, et d'autres vieilles lignées. Ils sont tous enregistrés au FAHR, dont Arita est un membre très actif.
Notre étape suivante était la visite de l'élevage tenu par Milton et Mary Decker, Decker's Red Eagle Appaloosas. Milton est 
pépiniériste à Alvadore, près de la ville d'Eugene dans la Willamette Valley.
Il a choisi de privilégier la lignée de Red Eagle auxquelles il a associé le sang de Mansfield Comanche et celui des chevaux de 
l'élevage Pratt. Son élevage, d'une cinquantaine de têtes, compte parmi les plus influents dans le monde des appaloosas fondations. 
Avec beaucoup de talent, d'étude des pedigree et un coup d'œil d'expert il a sélectionné des reproducteurs qui font naître chaque 
année des poulains très colorés au modèle impeccable et raffiné.
Il nous aura fallu une journée entière pour faire le tour des parcelles où chacun des étalons vit avec une petite bande de juments, ou 
celles qui abritent les futurs reproducteurs. 
Milton a su choisir les meilleurs représentants des lignées qu'il développe et de nombreux autre éleveurs à travers les Etats-Unis, le 
Canada, la Nouvelle –Zélande ou l'Europe viennent chez lui trouver des bases pour leurs propres programmes.
Sa connaissance de l'histoire, sa culture et les résultats visibles de son travail font de lui une référence.
Nous avons  rencontré, à Lacomb près Lebanon, Carrie-Lynn Beler qui tient le « Dancin Feather Ranch ». Depuis plus de 28 ans, cette
éleveuse préserve les lignées Toby et Kaniksu, mais aussi Red Eagle, Rockledge, Chief Chelsea, Sundance, Patchy, Chief of 
Fourmile, Joker B, Mansfield Comanche, Pratt Toby Secret.
Même si cet élevage n'a plus la vigueur qu'il a pu avoir par le passé, nous avons pu voir, dans un décor exceptionnel, des 
représentants de lignées rares, tous descendants des plus célèbres des fondateurs.
Par la « scenic road » qui surplombe les falaises, nous avons rejoint Tillamook, puis Salem où nous avions  rendez-vous avec Tricia 
Denis et Gloria Mc Rae de
 Dreamcatcher appaloosa.
En plus de 45 ans d'efforts et de recherches, ces deux éleveuses ont rassemblé des descendants de lignées prestigieuses. Elles 
ont ajouté à des descendants directs de Toby I et de Moneycreeks Rockledge, le sang de Patchy, TobyII, TobyII's Patchy, Genesee 
Chief,  
Freels Chico, Les Ghost Wind Stallions et la lignée Kaniksus .
Nous avons passé plusieurs heures à visiter les chevaux et écouter l'histoire de chacun d'eux, dont celles 
des deux étalons , tous deux petits-fils de Toby I, et de ces juments aux origines rares.
Ce nouveau voyage, au cours de l'été 2008, nous aura conduits à travers les états d'Oregon, d'Idaho et de Washington, à la rencontre
d'éleveurs d'appaloosas issus des anciennes lignées. Certains sont membres du FAHR, d'autres sont simplement passionnés par la 
préservation et l'utilisation des lignées issues des fondateurs, tous ont en commun d'avoir dédié une part de leur vie à leurs 
chevaux, à l'écart des modes et du « business » clinquant. 
Ces éleveurs nous ont réservé un accueil chaleureux et n'ont pas compté leur temps pour nous faire découvrir leurs troupeaux et 
nous raconter histoires et anecdotes.
Il aura fallu, pour rencontrer certains d'entre eux, parcourir des dizaines de kilomètres sur des pistes à peine praticables, traverser 
des zones arides où les populations sont rares, mais à chaque fois, la beauté des paysages, la qualité des chevaux et la gentillesse 
des éleveurs ont récompensé les heures de route.

C'est à Astoria, sur les bords de la Columbia River qui sépare les états de Washington de celui d'Oregon que le voyage a commencé. 
C'est là que Lewis et Clark ont rejoint l'Océan Pacifique. Ces voyageurs ont été les premiers à décrire les chevaux tachetés 
qu'élevaient les Indiens Nez-Perces.
Sur la piste des appaloosas
Aout 2008
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